CEREMONIE OFFICIELLE D’OUVERTURE FORUM DU 1er EMPLOI 13e EDITION DISCOURS DE MONSIEUR MBAGNICK DIOP PRESIDENT DU MEDS

CEREMONIE OFFICIELLE D’OUVERTURE FORUM DU 1er EMPLOI 13e EDITION DISCOURS DE MONSIEUR MBAGNICK DIOP PRESIDENT DU MEDS
  • Monsieur le Ministre du Travail du Dialogue Social, des Organisations Professionnelles et des Relations avec les Institutions,
  • Madame le Ministre de la Fonction Publique, de la Rationalisation des Effectifs et des Renouveaux des Secteurs Publiques
  • Mesdames, Messieurs les Ministres,
  • Mesdames, Messieurs les Chef d’entreprises du MEDS,
  • Mesdames, Messieurs les Partenaires,
  • Mesdames, Messieurs les Membres du MEDS,
  • Chers Invités,
  • Chers Jeunes Compatriotes et postulants à cette 13e Edition du Forum de l’Emploi,

 

Il y a des résolutions annonciatrices de lendemains qui chantent. L’initiative du Forum du 1er Emploi est de celles-là puisque conçue dès sa création comme un creuset de rencontres fécondes entre les dirigeants d’entreprises et les jeunes diplômés en quête d’accomplissement.

La tenue de ce Forum désormais inscrit dans l’agenda des organisations, des institutions et des grandes Ecoles ainsi que des Instituts supérieurs d’enseignement, couronne bien des efforts que chacun de nous a consentis pour assurer le succès de nos rencontres dans la pure tradition d’échanges et d’éclosion propre auMEDS.

 

 

 

L’économie mondiale n’est pas flambante. C’est le moins qu’on puisse dire. Mais les turbulences qui l’affectent requièrent plus de lucidité pour appréhender l’ampleur des tâches à accomplir dans un contexte d’austérité et de concurrence accrue vis-à-vis duquel nous avons une immense responsabilité.

A cet égard, les trajectoires des dirigeants d’entreprises, le parcours des centres de formations, les expériences de terrain des uns et des autres constituent pour nous tous une incomparable source d’inspiration pour formuler  des réponses et modéliser des approches dans l’optique de mieux circonscrire les dysfonctionnements dans les offres d’emplois, une préoccupation des sociétés modernes happées par le temps et gouvernées par la culture de l’urgence.

Sous ce rapport, nous sommes héritiers de situations complexes qui nous prédisposent à adapter nos modes d’actions à ces évolutions sur une base largement reconfigurée reposant sur une claire perception des signes de changement.

Si la vie politique n’est faite que d’imprévus, la vie économique, elle, repose sur des principes adossés à des éléments de connaissance qui structurent sa base de production. Nous sommes rassemblés ici pour échanger, partager et ensemble nous engager.

En portant, si nécessaire, le même constat de lucidité sur l’état de notre pays, c’est pour mieux appréhender les questions qui nous taraudent au premier rang desquelles se trouve la lancinante problématique de l’emploi.  Voilà un sujet ardu, corsé et invariant qui épuise sans s’épuiser, revêtant des formes variées et fluctuantes selon les périodes et justifiant l’articulation des intelligences (toutes générations confondues) pour,

Un : cerner la profondeur du mal,

Deux : adopter des stratégies d’anticipation

Parlons franchement : le chômage persiste. Et les perspectives, sans s’assombrir, restent toujours moroses surtout dans nos économies encore faibles et très peu dotées en ressources pour juguler la crise et endiguer ses effets.

Des centaines de milliers de jeunes sont sans emploi. Gâchis énorme si on connaît les talents et le savoir-faire qui sommeillent comme potentiels dans ces jeunes. Une angoisse, une hantise, un gros souci. Quand il n’y a pas de croissance, il n’y a pas de création suffisante d’emplois pour résorber le chômage. A cela s’ajoute ces jeunes qui arrivent sur le marché : près de 200 000 par an ! Permettez-moi de mettre en évidence une autre  contradiction.
A l’heure où l’on parle de l’Afrique comme le nouvel eldorado des investisseurs, notre jeunesse s’inquiète sur son avenir.

A l’heure où l’on parle de l’Afrique comme moteur potentiel de la croissance mondiale, notre jeunesse est préoccupée par le manque de débouchés sur le marché du travail.

A l’heure où l’on parle des fortes potentialités du Sénégal en matière de mines, d’énergie renouvelable, pétrole, consommation de masse, ou encore de télécoms, notre jeunesse est déstabilisée par la faiblesse des emplois crées !

Pourtant mesdames et messieurs, c’est cette même jeunesse qui brille dans les meilleurs universités partout dans le monde et au Sénégal.

Cette même jeunesse qui honore notre pays dans les plus prestigieuses institutions internationales.

Cette même jeunesse qui devra prendre dans un futur proche les difficiles décisions de chefs d’entreprises de décideurs publics ou de chef de la nation.

Face à cette contraction intolérable pour les citoyens que nous sommes tous, le MEDS invite chacun à prendre ses responsabilités. Charité bien ordonné commençant par soi-même le MEDS entend prendre toutes ses  responsabilités pour accompagner notre jeunesse dans la construction d’un avenir meilleur.

Nous l’avons fait  hier et nous le ferons demain.

Il y a des branches voire des niches d’activités qui sont à investir… Ce sont les entreprises qui créent les emplois. Encore faudrait-il qu’elles parviennent à les pourvoir ! Le débat n’est pas nouveau et la seule interrogation qui vaille c’est : comment remédier à ces demandeurs qui ne demandent qu’à travailler et ces entreprises qui cherchent sans trouver les profils correspondant à leurs besoins de recrutement.

Qu’avons-nous à faire ? Former les demandeurs d’emploi pour les secteurs en manque structurel de main-d’œuvre qualifiée. Des actions conjointes sont certes nécessaires.

Sans s’isoler du reste pour faire bande à part, le MEDS préconise un inventaire des métiers (filière par filière), afin de recenser les opportunités nichées dans les régions et peut-être même dans les terroirs, en vue de leur donner une cohérence de perception, réaliser les ajustements idoines et accompagner les jeunes du recrutement à l’embauche en leur faisant éviter les pièges de jeunesse qui leur sont souvent fatals.

Ensemble, nous devons nous atteler au redressement de l’économie sénégalaise, objet de toutes les attentions avec comme élément pivot l’entreprise désormais considérée comme la valeur cardinale : créatrice de richesses et pourvoyeuse d’emploi.

Faudra-t-il, dès lors, sauver l’entreprise en préservant le système de production ? Si oui, la création de richesse est de ce fait consubstantielle à la création et au maintien de l’emploi dans une perspective de remise à niveau permanente pour avoir une lecture souple de la conjoncture.

Le privilège de la parole m’impose beaucoup de réserve. Rassurez-vous je n’en abuserai point ! Puisque dans cette assistance composite se trouvent des Esprits brillants, mieux édifiés que moi pour disserter avec talent et panache les sujets en discussion. Est-il possible de parler à cette jeunesse qui est l’avenir sans pensée d’avenir.

La lutte contre le chômage est au bout d’un effort collectif de réflexion pratique malgré une différence possible de vues. Ce n’est point un obstacle. Juste un accord minima utile en de pareilles circonstances pour conjurer la menace, qui est réelle.

Bombe sociale ou fatalité ? Les jeunes représentent 80 % de la population sénégalaise. Frappés de plein fouet par le chômage, ils constituent par leur nombre un défi pour les autorités, même çà n’est pas de façon exclusive. Celles-ci peinent à faire baisser le taux encore élevé, près de 35 %.

Le chômage des jeunes ajouté au désœuvrement des séniors atteint des niveaux qui paralysent les politiques et effraient les opinions publiques. Cette nouvelle complexité inquiète les chefs d’entreprises très peu portés à l’optimisme lorsque les clignotants sont au rouge.

Pourquoi cet immobilisme ? J’emprunterai la réponse au célèbre sociologue Tocqueville qui pointait son doigt sur les « acteurs qui ne s’intéressent plus au succès de la pièce mais à se faire remarquer dans leur rôle particulier ».

Convaincu que la prospérité du pays est indissociable de celle des entreprises, le MEDS s’est très tôt assigné la mission d’encadrer les jeunes à travers une série d’initiatives pilotées par des hommes d’expérience, choisis pour leur intégrité et leur savoir-faire. Dans cette perspective, le Mouvement est guidé par des valeurs responsables et citoyennes, comme la création d’emplois, l’insertion et la mise à niveau, communément appelé le recyclage.

Le consensus doit être érigé en mode opératoire sur fond de coalition ponctuelle pour construire un cercle vertueux plaçant l’humain au cœur de l’entreprise. Cela suppose toutefois un état d’esprit, un dépassement des intérêts particuliers, une volonté collective de porter un intérêt collectif supérieur en le hissant au sommet du mât.

D’ailleurs, à quoi sert-il d’avoir des taux d’intérêt élevés si les crédits  ne sont pas octroyés ?

Vérité primaire : les pays qui avancent sont ceux qui jouent collectif.

Or, depuis plus de vingt ans, notre pays connaît une montée continue du chômage qui affecte principalement les jeunes diplômés ou qualifiés (professionnels). Il est le produit de la crise qui sévit et révèle également les difficultés structurelles de notre économie affaiblie par le déclin ou le recul, c’est selon,  de notre tissu industriel.

La recherche du premier emploi tétanise les jeunes diplômés qui redoutent l’existence d’un marché dit «caché » où les offres d’emploi « ne sont ni connues ni diffusées ». Naturellement, les jeunes ne peuvent postuler à des demandes d’emplois non exprimées ouvertement et par des canaux appropriés.

Néanmoins, pour prospérer, le marché a besoin de la confiance à développer entre acteurs, opérateurs et institutionnels dans une tentative d’ouvrir une brèche de salut à ces jeunes justement. Ce manque de cohérence s’observe aussi dans le binôme formation professionnelle et offre de travail, les deux coexistent sans vase communicant si bien que les produits des écoles de formation ou de l’Université ne répondent pas aux exigences de flexibilité et de créativité auxquels obéissent les nouveaux emplois qui se nichent dans les secteurs à haute valeur ajoutée de connaissance.

La Nouvelle économie qui nous environne est fortement teintée d’innovations que véhiculent les connaissances techniques et technologiques. Vous conviendrez avec moi, Mesdames et Messieurs, que la formation professionnelle doit être en adéquation avec les exigences du moment, faute de quoi, il y aura déphasage et déperdition au grand dam des performances attendues de l’entreprise.

Sans l’ombre d’un doute, le MEDS fait profession de défendre l’entité de production  de biens et services avec la claire perception que l’efficacité de la politique nationale de l’emploi des jeunes repose sur une connaissance « pointue » du marché du travail et sur le déploiement des services permettant d’en assurer la fluidité.

Toutefois, l’analyse globale des indicateurs met en évidence la fragilité de l’économie sénégalaise et l’accroissement des difficultés liées aux conditions de vie des populations. Face à ces difficultés rédhibitoires, il doit désormais y avoir consensus sur l’économie pour écarter les relents de précarité.

Dégageons des priorités et offrons des plateformes d’expression à cette jeunesse qui frappe aux portes. Le Plan Sénégal Emergent (PSE), serait-il la panacée ? Résultant d’un gros effort collectif de réflexion partagée, le PLAN, inspiré de la vision du Président Macky SALL, est conçu pour porter le taux de croissance à 7 % avec une ferme résolution de maintenir ce taux sur une période de 10 ans. Il cible six secteurs productifs prioritaires dont l’agriculture et l’agroalimentaire, l’énergie, les infrastructures, l’habitat social, les mines et le tourisme.

Nous ne pouvons qu’encourager le gouvernement dans ses multiples actions pour la croissance et la lutte contre le chômage.

Dans cette dynamique je rends un grand hommage  à Monsieur le Président de la République et à l’ensemble du gouvernement pour leur soutient constant à l’organisation et le succès du Forum du 1erEmploi.

Remerciements particuliers au nom du Mouvement des Entreprises du Sénégal – MEDS à notre ami et frère le Ministre Mansour SY qui nous a toujours et qui le témoigne encore ce jour de sa disponibilité et de son soutient à toutes les actions du MEDS et plus largement du Secteur Privé. Monsieur le Ministre cher ami et frère MERCI.

Au regard du fourmillement de projets, d’initiatives, et d’un ardent désir d’évolution professionnelle, le continent, tous pays confondus, apparaît comme le prochain vivier de l’entreprenariat. Et pourtant quel contraste avec la situation de crise récurrente de l’emploi affectant depuis 2000, les femmes, les jeunes et les plus diplômés notamment !

En 2013 le taux de chômage a été estimé à 25,7 % par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (le Maroc est par exemple à 10 %). Surtout l’Agence estime que neuf chômeurs sur dix (9/10) sont des primo demandeurs d’emploi autrement dit des jeunes.

Pour faire face à ce constat alarmant, il faut au Sénégal une politique ambitieuse de création de richesse et d’emplois.

La question de l’emploi est majeure. Tout autant est la problématique du chômage. Par le travail l’homme s’accomplit. Mais faute de moyens pour se réaliser, il peut advenir le cas extrême : l’avilissement. Cette perspective hante tout le monde puisqu’elle enveloppe les germes de l’instabilité. Le MEDS entend pleinement contribuer à la réflexion sur un sujet aussi sensible et important pour le Sénégal. Notre position d’observateur privilégié de la scène socioéconomique sénégalaise nous a permis d’identifier aujourd’hui cinq défis pour l’emploi des jeunes et de formuler cinq pistes pour l’action. J’aimerai les partager avec vous.

Les Cinq défis pour l’emploi des jeunes sont les suivants

  1. La croissance économique n’est pas suffisamment créatrice d’emplois au Sénégal et dans la sous-région. Par exemple, on estime que pour le Maroc : un point de croissance ne crée que 30 000 emplois.
  2. La croissance démographique constitue un challenge pour nos politiques publiques : il est estimé à 200 000 le nombre de nouveaux emplois que l’économie sénégalaise devrait générer chaque année juste pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail.
  3. La croissance du nombre de jeunes diplômés ne signifie pas nécessairement que les entreprises arrivent à trouver les profils qu’il leur faut. Le problème récurrent de l’inadéquation formation-emploi est cité par beaucoup des entrepreneurs. Pour eux, les formations des jeunes ne répondent pas forcément aux besoins du terrain. Certains chefs d’entreprises vont même jusqu’à dire qu’ils perdent du temps et de l’argent en recrutant des jeunes diplômés non opérationnels.
  4. Le marché du travail n’est pas toujours fluide et transparent : de nombreux emplois disponibles ne sont pas pourvus ou encore les employeurs mettent beaucoup de temps à identifier le bon candidat.
  5. Les femmes se heurtent à des problèmes spécifiques lorsqu’elles veulent accéder au marché du travail. Il est plus difficile lorsqu’on est une femme d’accéder à certains emplois.

Maintenant Cinq pistes pour l’action

    1. Premièrement, il faudrait abaisser les obstacles que rencontrent les entreprises et surtout les PME dans leur activité de tous les jours, de création de richesse et d’emploi.
    2. Deuxièmement, il conviendrait de réduire le décalage  entre le système éducatif et les besoins des entreprises.
    3. Troisièmement, nous avons le devoir de mieux informer les jeunes Sénégalais sur les besoins du marché du travail, et ce le plus tôt possible dans leur cursus scolaire, car beaucoup ont des attentes qui ne correspondent pas aux réalités et besoins de notre système économique.
    4. Quatrièmement, il faudrait accroître l’efficacité des programmes publics qui encouragent l’emploi des jeunes.
    5. Cinquièmement, il conviendrait de faciliter l’entreprenariat des plus jeunes en leur donnant notamment les moyens de devenir des chefs d’entreprises dans les technologies d’avenir comme dans l’agriculture.
    6. Et j’en rajouterai un 6eme à savoir proposer à l’Etat d’organiser les Etats Généraux de la Jeunesse.

 

Monsieur le Ministre

Mesdames et Messieurs,

J’ai parlé dans mon  discours en soulignant le décalage qui existe entre une Afrique qui émerge et des jeunes qui restent les oubliés de cette croissance.

« Il faut mettre des mots sur les maux pour assumer le futur », disait N. Mandela. L’icône de l’Afrique voyait juste en estimant que l’on ne pouvait construire que sur la vérité. Et bien cette vérité, nous la devons, nous adultes, aux jeunes générations qui affrontent un monde impitoyable, cerné de toutes parts par d’énormes difficultés.

Certains jeunes Africains forcent le respect par leur culot et leur audace, ils bousculent les idées reçues et tentent de s’imposer en dépit des contraintes. Une transition pour vous inciter à l’auto entreprenariat :

A ce propos, je veux citer en exemple, le parcours atypique de ce jeune Africain, Tonjé Bakang, qui s’est lancé dans le service de vidéo à la demande avec pour la première fois un  accès « illimité » aux séries et aux films africains, afro-américains et afro-caribéens.

Révulsé par la faible représentation des Noirs dans les médias traditionnels (en Europe surtout), il décide de changer la donne en créant Afrostream pour répondre à une demande : satisfaire ceux qui souhaitent avoir accès à d’autres types de contenus audiovisuels.          La pertinence de son projet lui a permis de s’associer à des majors, comme TF1, pour construire son contenu dédié aux films afros.

Ce garçon prouve le mouvement en marchant. Il n’a pas attendu une hypothétique promesse d’emploi, faisant foi à sa valeur intrinsèque pour aller à l’assaut des idées reçues avec la ferme détermination à se réaliser nonobstant les aléas.

J’ai voulu, à travers ce court récit d’un parcours atypique, partager avec vous l’optimisme de volonté qu’affiche en toutes circonstances le Med qui ambitionne simplement d’être un acteur majeur du pilotage de l’économie de demain. Notre pays accumule certes des difficultés mais recèle des atouts indéniables.

Les emplois de demain se préparent aujourd’hui. La fragilité des perspectives économiques n’est nullement un frein à l’examen des facteurs de relance malgré l’absence de reprise franche de la croissance. Notre économie repose sur un circuit de financement qui passe plus par les banques que par les marchés, même si ces derniers s’affirment de plus en plus comme une alternative crédible.

Par le biais de ce Forum du MEDS, ce qui est prôné c’est d’offrir une égalité de chance aux jeunes.

Le MEDS, fort de ce constat, considère que le meilleur moyen de redonner du souffle à notre économie est de modifier en profondeur son environnement. L’objectif est à terme de disposer de leviers (renouvelés) financiers à effet immédiat pour permettre à notre système de production de biens et services de retrouver un profil robuste.

La bataille pour l’emploi ou contre le chômage -c’est selon- exige du temps, alors que l’impatience gouverne le mode de fonctionnement des jeunes. Comment, dès lors, concilier ces deux attitudes  que tout semble opposer à première vue ?

 

Monsieur le Ministre

Mesdames, Messieurs,

Chers Invités,

Il n’y a pas de temps à perdre face à une jeunesse qui doute de l’avenir. Il nous faut faire avancer le Sénégal et dissiper les malentendus pour éclairer la voie des jeunes. C’est le pari du MEDS à travers ce Forum du Premier Emploi qui grandit et élargit son spectre de curiosités. C’est rassurant, parce que notre réussite en dépend.

Très souvent les jeunes diplômés quittent le monde de l’enseignement et de la formation bardés de certitudes. Mais ils sont assez peu outillés pour « affronter » le monde réel de l’économie, des entreprises.

Le Forum les y prépare en servant de pont pour enjamber le fossé et se départir de leur fantasme pour découvrir le monde « tel qu’il est !»

A l’Atelier Training tenu un mois plutôt, je tenais pour acquis qu’un jeune qui s’informe, se pré positionne pour  jouer les premiers rôles. Ils étaient nombreux à acquiescer, achevant de comprendre que l’univers de l’entreprise plébiscite ceux qui détiennent l’information. En vérité, ils possèdent (aussi) une parcelle de pouvoir. Bref ils sont acteurs.  Et non spectateur. J’ai pu mesurer à cette occasion leur soif inextinguible de connaissance pratique et de savoir-faire pour construire leur parcours, avec l’aide bien entendu des séniors aguerris et disposés à guider leur premier pas soit dans la quête du premier emploi ou dans l’auto-entreprenariat.

La tenue de ce mémorable Atelier Training renseigne sur l’irrépressible désir de formation qualifiante des jeunes. L’Atelier Training en prélude du Forum véhicule des valeurs essentielles mais basiques : l’écoute, la proximité. Il enracine le lien social comme un socle relationnel dans le processus de « Be to Be » et développe un support dédié d’assistance, de conseil et d’orientation fort apprécié des jeunes requérants.

Comme réceptacle, avions-nous dit, l’Atelier Training offre aux diplômés des outils « psychologiques » de résilience pour aborder le « rouleau compresseur » des entretiens d’embauche tant redoutés par les candidats.

Passer d’un univers à un autre exige une dose de pédagogie qui ne s’acquiert que par le biais d’initiatives similaires à celle que pilote le MEDS à travers ses divers instruments opérationnels, telle que sa Fondation sociale.

Quel sens donner à notre action au sein du MEDS ? D’abord et avant tout, fournir un cadre d’action pour :

  1. Accroître la visibilité
  2. Rétablir la confiance
  3. Améliorer l’offre productive (des entreprises)

 

L’amélioration  de notre économie est tributaire de ces prérequis qui fixent les repères d’emplois, identifient les gisements d’opportunités et mettent en cohérence les facteurs de succès. Des emplois jeunes existent. Tout dépend d’une bonne orientation après qualification. L’entrée dans l’entreprise est à ce prix, disons à ce coût et à la faculté d’adaptation à la nouvelle donne de mobilité, sinon nous risquons de payer ces attentismes par plus de chômage.

Préparer l’avenir signifie ne pas négliger le destin. Aux pouvoirs publics de stimuler une nouvelle offre productive en associant étroitement les organisations de défense et d’illustration de l’entreprise.

La nécessité de réindustrialiser le Sénégal s’impose comme un impératif. La conception de plans de développement ou de croissance devrait se faire en étroite relation avec les collectivités territoriales, les pouvoirs publics et le monde de l’entreprise, les partenaires sociaux sur la base de feuilles de route établies avec doigté.

Le MEDS souscrit par ailleurs à la nécessité d’agir sur l’épargne publique en incitant les Sénégalais à avoir ce réflexe « bas de laine ». Nous ne pouvons pas faire autrement dès lors que le pays, sous l’impulsion des nouveaux dirigeants politique nourrit l’ambition de figurer parmi les pays émergents des 20 prochaines années en misant sur les pôles de fabrication et d’innovation comme base de son expansion.

Les gouvernements jouent leur crédibilité en maintenant des dépenses de prestige alors que de partout des économies d’échelle sont préconisées pour inverser la courbe du pessimisme ambiant.

Dans le fond, économie ne signifie pas simplement une diminution réelle des dépenses, mais plutôt un ralentissement de leur croissance naturelle. En d’autres termes, les dépenses publiques continueront leur progression dans les années à venir, mais à un rythme moins élevé, donc moins soutenu.

Cet effort des pouvoirs publics, quand ils sont effectifs, rejoint les initiatives du secteur privé plus prompt à accroître ses capacités d’investissement dès lors que des correctifs sont apportés dans l’assainissement du cadre d’incitations. On déplore le manque de financement des entreprises mais l’on ne s’émeut pas dans les mêmes proportions de l’insuffisance de l’épargne qui est un des piliers de l’investissement dans l’économie.

Nous devons, chers invités, ouvrir les yeux pour découvrir cette réalité changeante voire fuyante qui échappe chaque jour un peu plus à notre capacité d’appréhension. Ces jeunes qui restent longtemps, trop longtemps même sans trouver le premier emploi, se sentent exclus et, gagnés par le découragement à cause des complexités administratives, développent des réflexes de repli qui les font basculer dans l’irrationalité.

En ma qualité de Président du MEDS, mon travail consiste à favoriser les discussions en soutenant les élans de rassemblement autour de l’entreprise. Entendons-nous bien : l’absence de conjoncture souriante nous place devant nos responsabilités pour taire nos égos et BRISER LES CODES et surtout PENSER HORS CADRE.

L’entreprise vaut le sacrifice ultime de renoncer aux « petites ambitions » pour nourrir un projet qui transcende les clivages partisans. Que rien ne vienne brider les initiatives, l ‘investissement, donc l’emploi ?

L’évocation, sur un mode incantatoire, de la croissance ne suffit pas pour retrouver L’EMBELLIE. Il faut une forte dose de témérité. Et très peu de populisme.

Les statistiques sont très parlantes : 1 Sénégalais sur 2 à moins de 20 ans, et près de deux Sénégalais sur trois ont moins de 25 ans tandis qu’une personne sur cinq travaille à plein temps. Ces données font froid dans le dos. Ils laissent entrevoir un taux élevé de dépendance qui se traduit par une inversion pyramidale : très peu d’actifs et une large base de chômeurs. Conséquence : une vulnérabilité des travailleurs du fait de la pression sociale qu’ils subissent. Ils sont eux-mêmes exposés à la pauvreté.

Une chose est d’établir le diagnostic. Autre chose est de préconiser un remède. La divergence surgit le plus souvent dans la posologie. Au MEDS, nous ne perdons ni le sens des réalités ni la portée des contextes de situations : l’Etat ne peut pas tout faire, ce qui est admis de plus en plus. Les parents, quant à eux, érigent l’éducation des enfants au rang de priorité suprême.

Deux tiers des budgets lui sont consacrés, preuve s’il en est que l’avenir préoccupe tout le monde. Cette forte aspiration à un meilleur devenir, à un futur plus reluisant que ce sombre présent, rétablit quelque peu l’équilibre en faveur d’une projection partagée du sort de notre pays.

La prise en compte des enjeux de la Nouvelle économie est ce qui permettra à notre pays de se hisser parmi les nations émergentes. En d’autres termes demain se prépare aujourd’hui…

L’avènement du multimédia, avec ses nouveaux métiers des nanotechnologies, de la biotechnologie, des réseaux informatiques et télécoms, une nouvelle ère économique, politique et sociétale s’impose et la compétitivité repose désormais sur la capacité de nos entreprises et de nos Etats à investir, sans aucun complexe, ce champ hautement concurrentiel pour s’y faire une place de choix.

L’innovation, source d’excellence et de succès, provient d’une vision stratégique claire mise en œuvre avec méthode et minutie, permettant de récolter à la fin du processus, les fruits de l’investissement immatériel et matériel.

En lançant au mois de janvier dernier le FOGACIM un Fonds de garantie, le MEDS faisait non seulement preuve d’originalité dans le financement des PME-PMI et les TPE, mais le Mouvement prenait le peloton de tête du changement de comportement : nous devrions être les premiers à montrer le chemin en mettant en place un instrument d’accompagnement financier.

Les échos qui nous parviennent au lendemain du lancement officiel du FOGACIM nous confortent dans la justesse d’analyse car pour nous, le Fonds en question, est un instrument au service du financement de l’économie et non un substitut au financement de l’économie. Vous l’aurez compris, ce sont les banques qui doivent alimenter en crédits les entreprises.

Parce qu’il est dans la direction des hauteurs, le MEDS ambitionne d’être un acteur majeur du pilotage de l’économie de demain. Avant de conclure, je profite  de l’occasion  pour alerter tous les décideurs que cette situation constitue une véritable bombe à retardement. Nos amis d’Afrique du Nord ont eux aussi connu un taux de croissance supérieur à celui que connaissait le reste du monde. De vastes pans de la population, en particulier les jeunes, se sont en même temps retrouver laissés-pour-compte et frustrés. Cela a donné le printemps arabe qui a marqué les esprits du monde entier.

Au Sénégal, il est vrai qu’on ne peut pas connaitre le printemps Arabe ! Rien que par définition, car nous disposons de deux saisons …. une saison sèche et une saison humide !

Mais attention : notre marché du travail connait depuis de nombreuses années une saison sèche !

Il est donc de notre devoir de faire pleuvoir sur nos plus jeunes, de l’espoir, des opportunités, des EMPLOIS avec un grand E.

Monsieur le Ministre

Mesdames et Messieurs,

Se réunir est un début ; rester ensemble est un objectif mais la véritable réussite consiste à  travailler ensemble.

Je vous invite donc à travers cette grande rencontre à rester unie mais aussi à travailler ensemble pour faire en sorte que notre jeunesse réussisse au mieux son insertion dans la vie professionnelle et son épanouissement dans le monde du travail.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Monsieur Mbagnick DIOP

Président du MEDS

 

MEDS

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