Le Colloque International du MEDS à Paris le 10 avril 2013 : les Termes de Référence

Le Colloque International du MEDS à Paris le 10 avril 2013 : les Termes de Référence

THEME : « ROLE ET IMPACT DE LA COMPETITIVITE DANS LES POLITIQUES DE CROISSANCE ECONOMIQUE. »

Contexte et justification

La compétitivité se définit comme l’aptitude du tissu économique à créer des activités profitables et pérennes dans un environnement de concurrence et mondialisé. Ainsi, l’amélioration de la compétitivité s’apprécie par rapport à la capacité d’un Etat ou d’une zone économique à améliorer durablement le niveau de vie de sa population, et à lui procurer un niveau d’emploi décent ainsi qu’une cohésion sociale affirmée dans un environnement écologique de qualité. Il va donc sans dire que la compétitivité est un des principaux leviers de toute politique de croissance économique digne de ce nom.

Dans le cas du Sénégal le rapport national sur la compétitivité publié en 2011 présente une analyse de la performance du pays à partir de 120 indicateurs (mesures quantitatives et qualitative de la performance) et en la comparant à celle d’un échantillon de pays ou groupes de pays de référence. Les indicateurs choisis pour l’essentiel renseignent sur la compétitivité du Sénégal. Toutefois, le rôle et l’impact de la compétitivité dans les politiques de croissance économique n’ont pas été évalués et mesurés. Autrement dit, quelle articulation trouver entre les politiques de développement économique et la compétitivité ?

Par ailleurs, le rapport passe en revue les enjeux de la compétitivité de l’économie sénégalaise à travers six (6) thématiques, à savoir : l’environnement des affaires, les exportations, les investissements, le financement, les infrastructures, les ressources humaines et la main d’œuvre.

Cependant, il est constant que ces thématiques sous tendent d’autres sujets dont l’appropriation et la mise en œuvre sont nécessaires pour que la compétitivité impacte positivement l’économie nationale. Il s’agit:

  • du respect des principes de bonne gouvernance dans les activités publiques et privées ;
  • la reddition des comptes comme obligation pour tout gestionnaire public et privé ;
  • la formation de ressources humaines préparées aux nouvelles exigences de la politique économique ;
  • l’adéquation de la Formation et de l’Emploi ;
  • l’implication de la diaspora dans les politiques de développement économique

Objectif Général/Résultats attendus

L’objectif général du Colloque organisé par le MEDS est de lancer le débat sur les problématiques majeures de la compétitivité au Sénégal en vue d’une prise de conscience nationale.

L’objectif spécifique est de dégager des pistes de solution sur les thématiques indiquées, de partager avec les principaux acteurs les propositions et d’adopter les mesures prioritaires devant contribuer à relever les défis majeurs de la compétitivité de l’économie nationale.

Les résultats attendus du Colloque seront un plan d’action pour lever les contraintes, mais aussi indiquer les progrès à réaliser dans les domaines que contiennent les thématiques où des efforts d’amélioration sont encore nécessaires.

Enfin, le MEDS souhaite, à travers ce colloque, apporter sa contribution dans l’approfondissement des discussions entre l’Etat et les acteurs du privé dans la recherche des voies et moyens pour renforcer la compétitivité afin d’utiliser au mieux ce puissant levier de politique de croissance économique.

Méthodologie

Le colloque précité doit être articulé autours des cinq sous-thèmes détaillés ci-après.

  • Sous thème 1 : Respect des principes de bonne gouvernance dans les activités publiques et privées ;

Les principes de bonne gouvernance dans les activités publiques et privées sont au cœur du débat politique et sociétal au Sénégal. Pour rappel, les élections présidentielles de l’année 2012 ont été le théâtre d’âpres discussions sur la responsabilité des dirigeants d’entreprises publiques et privées.

Il importe donc à ce stade de promouvoir « une économie de marché responsable » pour encourager la compétitivité dans les politiques de croissance économique. De même, les bonnes pratiques ne se décrètent pas. C’est pourquoi, il convient de définir les principes directeurs qui sous-tendent cette notion, dans le cadre d’un code de conduite soutenu par les Autorités politiques. Ces principes directeurs pourront alors contribuer à améliorer la compétitivité de l’économie nationale et  la promotion d’un comportement responsable de la part des dirigeants d’entreprises.

Ces principes doivent aboutir sur  des recommandations fortes  concernant les domaines tels que les relations du travail, l’environnement, la lutte contre la corruption et la protection des consommateurs.

Enfin, il faut noter que les entreprises publiques et privées évoluent souvent dans un environnement ou les contraintes juridiques et réglementaires sont diverses et variées. C’est pourquoi, les principes directeurs de bonne gouvernance doivent les guider pour une bonne prise en compte des exigences sociétales, ce qui constitue un formidable défi.

  • Sous thème 2 : La reddition des comptes comme obligation pour tous gestionnaires publics et privés ;

La reddition des comptes pour tous gestionnaires est une notion très employée dans le management public et privé au Sénégal. Toutefois, cette notion doit être conceptualisée en modèle de mesure de rendement pour les gestionnaires. Ce modèle doit pouvoir être revu et bonifié sur la base d’indicateurs prédéfinis et accessibles aux populations, et tenir compte de l’évolution des modes de management. Par ailleurs, il convient de définir le cadre légal du principe de reddition des comptes afin d’éviter que les populations se transforment en justicier. Enfin, il convient d’outiller les manageurs pour faciliter la reddition des comptes, et axer leur gestion sur les résultats.

  • Sous thème 3 : Formation de ressources humaines de qualité préparées aux nouvelles exigences de la politique économique ;

Le document de stratégie nationale de développement économique et social du Sénégal (SNDES) a fait le constat suivant : «Sur le plan des ressources humaines, les taux élevés de chômage et de sous-emploi en sont les signes les plus évidents. En effet, il n’y aurait qu’une personne sur cinq qui travaille à plein temps au Sénégal. Une telle situation laisse entrevoir un taux élevé de dépendance qui se traduit, entre autres, par une pression constante sur les individus qui travaillent et qui courent, ainsi, le risque de basculer dans la pauvreté monétaire.

La dispersion et la multiplicité des structures de soutien à l’emploi, la non articulation entre le marché du travail, la formation professionnelle et la politique d’accompagnement pour l’auto-emploi, ainsi que le manque de transparence du marché de l’emploi, constituent des facteurs peu favorables à la baisse du chômage et du sous-emploi… ».

Il est clair que face à ce constat, les défis pour construire une économie compétitive sont réels. A défaut d’une politique structurelle pour endiguer ce phénomène le rôle et l’impact sur la politique économique seront nuls.

  • Sous thème 4 : Adéquation de la Formation et de l’Emploi ;

La problématique de « l’inadéquation formation-emploi » dans le marché du travail au Sénégal a fait l’objet de plusieurs séminaires, dont les conclusions n’ont pas été exploitées et mises en œuvre. Au demeurant, il est manifeste que le problème réside dans le cloisonnement des modules enseignés jusque-là dans les universités et écoles de formation, qui sont en inadéquation avec les besoins de l’entreprise.

L’occasion est ici  proposée pour une discussion franche et ouverte sur cette question pour proposer des solutions ou des pistes de réflexion à ce phénomène devenu une préoccupation majeure, eu égard au boom démographique que nous vivons. Ce problème de l’adéquation de la formation et de l’emploi sous tend des concepts tels que la formation, l’adaptabilité ou encore l’employabilité des ressources mises à la disposition du marché de l’emploi.

Enfin, il s’agit de réfléchir aussi sur le mode opératoire pour que les entreprises sénégalaises puissent informer les universités et les écoles de formation de leurs besoins à moyen et long terme. Ainsi, ces dernières pourront prendre en compte la flexibilité des métiers dans les enseignements fournis, car face à la volatilité de leurs besoins, il urge de porter la réflexion sur cette question pour les rendre compétitives sur le marché mondial.

  • Sous thème 5 : Implication de la diaspora dans les politiques de développement économique

Pour mieux impliquer la diaspora et rentabiliser les efforts consentis pour participer pleinement au développement économique du Sénégal, les pouvoirs publics ont mis en place plusieurs institutions et développé des stratégies politiques, liées entre autres, au retour et à la réinsertion des émigrés, à leur protection, à la mobilisation de leurs ressources financières, humaines et matérielles.

Cependant, à l’analyse de ces différents programmes, on se rend compte que les conditions de leur engagement réel pour booster le développement économique du pays n’ont pas produit les  effets escomptés. En réalité, une fédération de toutes les initiatives et programmes fait défaut pour leur donner tout leur potentiel d’implication.

Pourtant l’expertise de la diaspora au service du développement économique et social est réelle, et les émigrés mobilisent déjà assez de fonds pour des projets économiques. Mais ces efforts ne bénéficient pas d’un cadre formel de coordination bien structuré. Or, les activités qu’ils développement peuvent devenir une source clef pour accroître la compétitivité nationale eu égard à leur expérience et parcours professionnel.

Aujourd’hui la question est de savoir à quel niveau situer l’implication de la diaspora et examiner les conditions de création d’un cadre institutionnel favorable à une meilleure intégration de la variable migration dans les politiques publiques.

MEDS

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