Visite du président du MEDS Mbagnick Diop à l’ APS – Interview/Images

Visite du président du MEDS Mbagnick Diop à l’ APS – Interview/Images

Le MEDS veut l’institutionnalisation d’une « rencontre périodique » entre le chef de l’Etat et le patronat

Dakar, 26 mai (APS) – Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDS), Mbagnick Diop, suggère  »l’institutionnalisation » d’une rencontre périodique tous les trois mois entre le président de la République et le secteur privé, en vue d’échanger avec des acteurs qui créent de la richesse et investissent au Sénégal.

»Aujourd’hui, il y a une sorte de frustration du secteur privé quand on voit le président de la République recevoir certaines catégories sociales, comme les lutteurs et les artistes », a relevé le président du MDES, s’exprimant dans un entretien avec l’APS, dont il était l’invité de la rédaction.

Selon Mbagnick Diop,  »le secteur privé qui constitue la colonne vertébrale de l’économie et qui crée de la richesse au Sénégal devrait être la priorité ». Aussi a-t-il suggéré l’institutionnalisation d’une rencontre, tous les trois mois, entre le président de la République et le patronat.

»A titre privé, on le [le président de la République] voit. Çà, il n’y a aucun souci. Mais, je parle du patronat et du secteur privé », a-t-il précisé, en faisant allusion à cette audience du chef de l’Etat avec le patronat annoncée depuis le mois de février.

Il considère que  »c’est important même pour le président de la République de rencontrer des acteurs qui sont sur le terrain et qui investissent au Sénégal ».

»Nous ne quémandons rien, mais le secteur privé a juste besoin de sentir qu’il y a l’Etat à ses côtés », a souligné M. Diop, donnant l’exemple de pays, comme la France, la Chine et le Maroc, où le président est souvent accompagné lors de ses déplacements à l’étranger par une forte délégation de chefs d’entreprise.

« Un pays se développe par son secteur privé », a soutenu le président du MEDS, insistant sur la nécessité de mettre « en avant le patriotisme économique et la préférence nationale ».

‘’Les Sénégalais n’ont pas été outillés pour devenir des capitaines d’industrie’’

Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDS), Mbagnick Diop, analysant les faiblesses du secteur privé de son pays, est d’avis que ‘’les Sénégalais n’ont pas été outillés pour devenir des capitaines d’industrie’’.

‘’Les Sénégalais n’ont pas été outillés pour devenir des capitaines d’industrie’’, a soutenu M. Diop, invité de la rédaction de l’APS.

C’est le contraire des Ivoiriens qui, selon lui, ont été encouragés par le premier président de leur pays, Félix Houphouët-Boigny (1905-1993), à développer des entreprises privées.

Prospère homme d’affaires, le défunt dirigeant ivoirien a très tôt poussé ses compatriotes à se lancer dans l’initiative privée, a dit Mbagnick Diop, ajoutant que le premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor (1906-2001), n’a pas fait la même chose.

Malgré la longue crise politique qu’elle a connue de 2000 à 2010, l’économie ivoirienne est restée debout grâce à l’idée qu’a eu le premier chef d’Etat du pays de développer le secteur privé local, a poursuivi le président du MEDS.

‘’Nous ne faisons qu’importer. J’ai peur quand j’entends les données des douanes’’, a dit Mbagnick Diop en parlant des importantes recettes douanières tirées des importations sénégalaises. ‘’Il faut inverser cette tendance’’, a-t-il lancé.

Les dirigeants des pays industrialisés se déplacent souvent à l’étranger accompagnés de chefs d’entreprise, a-t-il ajouté en donnant les exemples des présidents de la Chine, des Etats-Unis d’Amérique et de la France.

Les entrepreneurs prenant part aux voyages de ces leaders politiques signent d’importants contrats avec les pays de leur destination, a dit Mbagnick Diop, déplorant le fait que les dirigeants sénégalais ne font pas de même.

Si des entrepreneurs marocains se sont bien implantés dans l’économie sénégalaise, ils le doivent à un ‘’capitaine’’, le roi du Maroc, Mohammed VI, a-t-il affirmé.

En demandant aux dirigeants sénégalais d’avoir la même attitude, ‘’on ne quémande pas’’, a précisé M. Diop, laissant entendre qu’il s’agit d’intérêt national.

‘’On a besoin non seulement de produire mais de transformer et d’exporter aussi. Il faut faire en sorte que l’autosuffisance soit une réalité. S’agissant du consommer local, il y a un travail de longue haleine à faire en direction des populations pour que notre production soit consommée par nous-mêmes’’, a répondu le président du MEDS à la question de savoir quel rôle peut jouer le secteur privé sénégalais dans la politique de sécurité alimentaire menée par les pouvoirs publics.

‘’Il fait de son mieux pour que nous soyons de vrais transformateurs’’, a-t-il ajouté en parlant du président de la République, Macky Sall.

‘’Nous ne devons pas nous contenter des miettes et de la sous-traitance du pétrole’’

Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDS), Mbagnick Diop, salue les dispositions prises par les pouvoirs publics sénégalais pour permettre au secteur privé local de tirer profit du pétrole et du gaz, tout en leur demandant d’éviter de faire en sorte que les opérateurs économiques du pays se contentent des ‘’miettes’’ et des activités de sous-traitance.

‘’Il faut que ça bouge et que nous ne nous contentions pas des miettes et de la sous-traitance. Il faut éviter cela’’, a prévenu  M. Diop dans une interview donnée à la rédaction de l’APS.

‘’Nous sommes satisfaits mais il faut que nous nous positionnions. Il faut éviter que les majors du pétrole produisent et appuient sur un bouton pour que l’argent se retrouve à l’étranger’’, dans les pays d’origine de ces grandes compagnies, a-t-il averti.

Le président du MEDS est d’avis qu’‘’il faut faire en sorte que les entrepreneurs locaux trouvent leur compte dans l’exploitation du pétrole et du gaz’’, dont le démarrage est prévu à la fin de cette année.

Selon lui, de nombreux opérateurs économiques sénégalais se sont lancés dans une opération de ‘’mise à niveau’’ pour être en mesure de tirer profit des hydrocarbures que le pays s’apprête à produire après la découverte d’importants gisements pétroliers et gaziers au Sénégal et l’implantation dans le pays de grandes compagnies pétrolières.

Le pays s’apprêtant à se lancer dans la production de pétrole et de gaz, ‘’il faut que les retombées soient au rendez-vous’’, a soutenu Mbagnick Diop.

Il estime que l’Etat a suffisamment impliqué le secteur privé à la préparation de l’économie pétrolière et gazière.

‘’L’Etat nous a impliqués. Nous travaillons avec lui en bonne intelligence’’, s’est réjoui le président du MEDS.

Plusieurs entreprises sénégalaises ont créé des entités dédiées à l’économie du pétrole et du gaz, selon lui.

‘’C’est à nous de mettre les bouchées doubles et d’éviter que cette opportunité soit gâchée comme on l’a fait ailleurs’’, a-t-il dit en citant l’exemple du Nigeria, l’un des plus grands producteurs africains de pétrole, où ‘’il n’y a presque pas d’électricité’’ dans de nombreuses parties du pays.

‘’Le Sénégal a une approche positive de l’exploitation du pétrole’’, a ajouté Mbagnick Diop.

Le MEDS ‘’satisfait’’ de la loi sur les PPP et le code des marchés publics

Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDS), Mbagnick Diop, s’est dit  »satisfait » des dernières modifications apportées à la loi relative aux partenariats public-privé (PPP) et au code des marchés publics en faveur du secteur privé sénégalais.

»Nous sommes très satisfaits parce que le secteur privé fait partie des inspirateurs de ces modifications », a-t-il expliqué, vendredi, lors d’un entretien avec l’APS.

Pour lui, les modifications de cette loi sont ‘’une satisfaction, même s’il y a toujours des choses à améliorer’’.

Il a aussi salué la  »démarche inclusive » de l’Etat concernant les réformes sur les marchés et sur le code des investissements.  Avant l’avènement de l’actuel régime, rappelle-t-il, les  »lois étaient imposées ».

Selon lui, le secteur privé figurait dans le comité de pilotage qui a travaillé sur ces modifications pendant près de deux ans.

Il a ajouté que le secteur privé a lutté pendant près d’’’une dizaine d’années’’ pour arriver à ce résultat dont les fruits sont ‘’porteurs aujourd’hui’’.  »Cette loi est nécessaire », a-t-il martelé, jugeant que  »le partenariat public-privé est fondamental » pour les entreprises et pour l’Etat. Aussi le secteur privé devrait-il constituer  »le bras financier et économique » du secteur public, a-t-il estimé.

Par ailleurs, le président du MDES a exposé les principales difficultés que rencontre le secteur privé. Concernant celles auxquelles est confronté le patronat sénégalais, il a relevé la question du  »financement », en faisant allusion à l’absence de banques d’investissement mais [aussi] de banques commerciales au Sénégal. Or,  »le secteur privé a toujours besoin d’accompagnement dans les investissements », fait-il remarquer.

L’autre difficulté du secteur privé est relative à l’accès aux  »gros marchés publics » qui échappent au secteur privé à cause de garde-fous qui cantonnent les entreprises nationales à la sous-traitance.

Le président du MDES signale que le secteur privé est en train de s’organiser pour surmonter ces  »difficultés ». Lorsqu’il y a un marché par exemple, explique-t-il,  »les gens du même secteur se mettent en consortium pour multiplier les chances ». C’est une démarche qui fonctionne, a-t-il relevé.

Il souligne que les entreprises sénégalaises ont beaucoup travaillé avec le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC), le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA) et d’autres grands projets de l’Etat ».

Situation politique : Mbagnick Diop relaie « ‘inquiétude » du secteur privé

Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDS), Mbagnick Diop, a fait part vendredi de l »’inquiétude » du secteur privé au sujet de la situation politique très tendue qui prévaut au Sénégal ces derniers mois, en perspective de l’élection présidentielle de 2024.

»Aujourd’hui, le secteur privé est inquiet. Le patronat est inquiet. L’environnement des affaires est inquiet, parce que nous sommes pris en otage par les politiques et personne n’a une lisibilité objective de ce qui va arriver », a déploré Mbagnick Diop, invité vendredi de la rédaction de l’APS en prélude des Cauris d’or qu’organise le MEDS, le 10 juin prochain.

»Lorsque nous sommes à l’étranger avec nos homologues, nous constatons que la situation politique inquiète les potentiels investisseurs », a-t-il poursuivi.

Le président du MEDS a déploré ce qu’il qualifie de  »prise en otage » du pays par les hommes politiques, notant que  »le Sénégalais n’est aujourd’hui formaté que par la politique ».

»Il n’y a pas que les politiques au Sénégal. Il y a aussi des scientifiques, des artistes et des capitaines d’industrie. Mais, on n’entend que les hommes politiques », a-t-il regretté. Selon Mbagnick Diop, le Sénégal est dans un  »tournant décisif » et  »nous ne devons pas laisser la parole aux seuls politiciens qui ne vont parler que de politique et d’invectives ».

»Nous avons un pays très envié et nous devons maintenir le cap pour que le Sénégal reste un havre de paix », a-t-il exhorté, insistant sur la nécessité de  »dialoguer pour revenir à ce que le Sénégal a toujours connu en termes de respect et de solidarité ».

L’opérateur économique a également invité les acteurs politiques à aller vers des  »compétitions saines », disant constater  »la montée d’une animosité entre les principaux acteurs politiques qui ne sont plus dans l’adversité ». Cette situation, a-t-il insisté,  »inquiète le potentiel investisseur qui a besoin d’un environnement des affaires propice et serein ».

                                                          »Changement dans le mauvais sens »

Le président du MEDS a également déploré le ‘’désœuvrement d’une frange importante des jeunes (…) qui sont sur les réseaux sociaux, en proie à des manipulations ».

»Il faut éviter de casser. Il faut assister les jeunes et leur donner des perspectives, les amener à prendre conscience de ce que nous avons. Nous sommes un pays envié dans le monde […] », a-t-il relevé.

»Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de casser ce pays pour arriver au pouvoir. Nous devons tous prendre conscience de ce que nous vivons et mettre en avant le Sénégal. Le plus important, c’est le Sénégal », a-t-il ajouté.

»La tendance aujourd’hui est de tout casser. Au Sénégal, on change de paradigme mais dans le mauvais sens. C’est à nous de porter le Sénégal et de faire tous notre job. Et c’est la somme de tout cela qui va faire développer le pays », a-t-il estimé.

La 18e édition des Cauris d’or célèbre la persévérance

La 18e édition des Cauris d’or, prévue le 10 juin, va célébrer la persévérance, ‘’une qualité fondamentale non seulement pour une personne mais pour toute entité’’, a appris l’APS du président du Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDS), initiateur de l’évènement.

‘’Cette année, la thématique retenue c’est la persévérance qui englobe tout’’, a-t-il confié à la rédaction de l’APS dont il était l’invité. Il a rappelé que l’année dernière, l’évènement avait été axé sur le thème ‘’la constance’’.

‘’Chaque année, on met en lumière un thème qui répond à l’évolution non seulement des cauris mais à l’évolution du monde’’, a dit Mbanick Diop.

Selon lui, ‘’la persévérance est une qualité fondamentale non seulement pour une personne mais pour toute entité’’.

Il a présenté les Cauris d’or comme une initiative ‘’prestigieuse’’ et ‘’surtout légendaire’’. Elle est ‘’la première du genre en Afrique’’, a-t-il vanté.

Mbagnick Diop s’est réjoui ‘’de cette constance, de porter pendant près de 20 ans ce concept novateur’’.

Faisant la genèse des Cauris d’or, il a rappelé qu’il est parti du constat, dans les années 2000, qu’‘’il n’y avait absolument rien pour célébrer les champions sénégalais, les champions africains’’.

‘’Si je parle de champions, je parle de capitaine d’industrie, de chefs d’entreprise, de décideurs et après réflexion, j’ai pensé qu’il fallait créer un événement. Ceux qui faisaient l’économie, ceux qui faisaient bouger le continent ceux qui faisaient bouger le Sénégal d’où les cauris’’, a-t-il expliqué.

A propos de la notion des Cauris, il dit s’être inspiré des coquillages utilisés notamment au moyen âge ‘’comme monnaie d’échange’’.

‘’Ces coquillages ont évolué pour devenir monnaie et comme on parle économie, on parle entreprises, j’ai choisi ce symbole’’, a-t-il dit.

FGuirassy

MEDS

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